La rentabilité, c'est la question qui décide si un projet est viable — et pourtant, beaucoup de repreneurs la confondent avec le chiffre d'affaires. Un commerce qui « fait » 300 000 € peut être moins intéressant qu'un autre à 150 000 € si ses charges l'étouffent. Voici les trois niveaux à examiner, du plus simple au plus révélateur.
1. La marge : ce qui reste après les achats
La marge brute est ce qui reste du chiffre d'affaires une fois les marchandises ou matières premières payées. Sur 100 € vendus, si les achats coûtent 30 €, la marge brute est de 70 %. Elle varie fortement selon le secteur : très élevée dans un salon de coiffure (peu d'achats), plus faible dans un commerce de revente. C'est le premier filtre : sans marge suffisante, aucune rentabilité n'est possible.
2. Le point mort : à partir de quand vous gagnez de l'argent
Le point mort (ou seuil de rentabilité) est le chiffre d'affaires à partir duquel l'activité cesse de perdre de l'argent. On l'obtient en divisant les charges fixes par le taux de marge. Exemple : 4 000 € de charges fixes mensuelles avec une marge de 65 % donnent un point mort d'environ 6 150 € de chiffre d'affaires par mois.
Traduisez toujours le point mort en unités concrètes : combien de clients par jour, combien de couverts, combien de ventes ? Si le chiffre nécessaire dépasse ce que le lieu peut réalistement accueillir, le projet est fragile, quel que soit le prix.
3. Le revenu net réel : ce qui arrive vraiment dans votre poche
C'est l'étage que presque tout le monde oublie. Le bénéfice affiché n'est pas votre revenu. Il faut encore en retirer :
- les cotisations sociales — souvent autour de 45 % du résultat pour un indépendant au régime réel ;
- l'impôt sur le revenu, selon votre situation.
Exemple chiffré
Une affaire dégage 46 000 € de résultat annuel. Après environ 45 % de cotisations (≈ 20 700 €) et l'impôt sur le revenu (≈ 1 500 € pour une personne seule), il reste de l'ordre de 23 800 € net, soit près de la moitié du résultat affiché. C'est cette somme, et non le bénéfice, qui finance votre train de vie.
Et n'oubliez pas la dette
Si vous financez la reprise par un emprunt, le remboursement se déduit encore de ce que dégage l'affaire. La bonne mesure est le reste après remboursement : le bénéfice, moins l'annuité de prêt. C'est lui qui dit si l'opération vous laisse vivre — ou vous étrangle.
Ce commerce est-il vraiment rentable pour vous ?
Le GoNoGo calcule le point mort, le revenu net réel et ce qu'il vous reste après la dette — et vous dit si le projet tient. Gratuitement pour commencer.
Analyser la rentabilité de mon projetQuestions fréquentes
Qu'est-ce que le point mort ?
Le chiffre d'affaires à partir duquel l'activité ne perd plus d'argent. En dessous, la trésorerie se creuse ; au-dessus, l'affaire dégage un bénéfice.
Le bénéfice, c'est ce que je gagne vraiment ?
Non : il faut encore déduire les cotisations sociales (souvent ~45 % du résultat au réel) et l'impôt. Le revenu net réel est bien inférieur au bénéfice affiché.
Cet article est informatif et fournit des ordres de grandeur indicatifs. Les taux de cotisations et l'impôt dépendent de votre situation ; faites valider vos calculs par un expert-comptable.